Dans la série, Les « éléments de langage » qui « emboucanent » le cerveau de l’honnête citoyen:

« L’offre légale de téléchargement »

L’offre légale de téléchargement est une expression qui a vu le jour suite à la déroute (par négligence de l’internet et surtout des goûts des mélomanes) de l’industrie des loisirs numériques et par conséquence des des lois Dadvsi , Hadopi 1, 2 , 3 ,4 (parce que ça va durer autant que les impôts cette affaire.) venant financer, perfuser, subventionner les dites industries sous couvert de « régulation » et de lutte anti- »peu importe » du moment que ça fait peur.

Quand on entends « offre légale de téléchargement » il faut comprendre: Offre commerciale de téléchargement, voire offre limitée à l’écoute en ligne par abonnement mensuel (streaming) de produits culturels provenant de l’industrie de loisirs numériques, qui n’a plus rien à voir avec du téléchargement légal.

Mais voilà, il existe bien d’autres « offres légales de téléchargement » dont personne ne fait la promotion, du moins à la même hauteur que les produits culturels industriels, et qui sont le plus souvent gracieuses pour l’internaute.

En effet, nombres d’auteurs, compositeurs, labels musicaux on choisi d’utiliser un outil appelé « licence libre » ou « licence ouverte » qui permet aux public de partager et de télécharger la musique en toute quiétude et en toute légalité.

On peut en voir un exemple sur http://www.dogmazic.net , qui compte plus de 4000 artistes/groupes….

On appèle cela la « musique libre » (qui ne veut pas dire libre de droit) et par extension « les cultures libres » si l’on englobe la littérature, le cinéma et la photo.

Mais comme par hasard, on ne parle jamais de cette « offre légale » là.

Oui, on peut télécharger un contenu légal et gratuit sur internet, ce n’est pas un crime ni un délit!

Pour moi, « Légal » relève du droit, de la légalité, mais pour les promoteurs de « l’offre légale », le mot « Légal » veut bien dire « commercial » et en aucun cas ne se réfère à la stricte légalité des œuvres mises à disposition.

En illustration la reprise d’un petit florilège youtubien sur la question, hadopi, souvenons-nous, remember….

Et bien entendu le lien de référence concernant la fameuse labellisation des « offres ».

Qui renvoie vers le décret d’application dont le contenu est fort instructif:

Et en supplément quelques citations tirées du rapport de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat.

Texte disponible ici

Bien entendu, aucun représentant de près ou de loin des cultures libres était « invité », un petit point sur l’offre légale « entre soi »….
Avec son cortège « d’énormités » en matière de désinformation ou plutôt de façon de se rassurer…

Le label de l’offre légale sera disponible dans quelques semaines pour
tous les sites qui le désireront. Cela rassurera et renforcera l’attractivité
commerciale de ces sites.

Ils avaient donc tort ceux qui s’opposaient au téléchargement légal
payant et qui voulaient que les œuvres de l’esprit soient gratuites. Ils avaient
tort ceux qui affirmaient que le téléchargement gratuit ne menaçait pas la
création. Les pays qui n’ont pas anticipé ce mouvement n’ont plus de création.

Les enquêtes ont montré que 70 % d’entre eux savaient que le téléchargement
gratuit était illicite.

les consommateurs manifestent une appétence pour l’offre légale, et se disent
satisfaits à 90 % de cette offre

Ce que ces gens là n’ont pas compris, c’est qu’avec le soutien exclusif au développement des offres d’écoutes payantes, des aides à l’agrégation multi-culturelles (musique, tv, cinema) proposée par des FAI (qui devraient plutôt s’occuper de maintenir leurs réseaux…), c’est la diversité culturelle qu’on assassine, c’est la voie royale vers la fin de la rémunération des créateurs.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître (parce que l’enfer est pavé de bonnes intentions), en favorisant l’industrie ils transforment la musique en « faire valoir » gratuit pour annonceurs ou autres fabricants d’électroménager ou de tapis…

Je défends les cultures libres parce qu’elles constituent de mon point de vue la seule voie raisonnable permettant à terme de sauver la création.
Ce n’est pas tant la gratuité de mise à disposition qui est importante mais bien la diversité et la libre circulation des œuvres.
L’internet doit rester un media, un moyen de diffusion libre pour tous.
Le « public » est bien autre chose qu’une masse de « consommateurs » écervelés et abrutis par la réclame.
A ce titre les mélomanes ont le droit d’avoir à leur disposition une autre culture que la culture industrielle « obligatoire ».

L’internet ouvre naturellement et structurellement la voie à un autre rapport public/œuvre/créateur au travers du mécénat individuel, au travers de publics « actifs » qui soutiennent tel ou tel artistes parce qu’il l’ont décidé.
Ce modèle reste le seul avenir réel à la culture (à long terme), une fois que toutes les tentatives de résurrection de l’ancien modèle économique auront échouées.

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