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Billets d’humeur
Votre internet n’est pas le mien
7/06/11
Votre internet n’est pas ne mien.
L’éPURation de l’internet Français est en marche. (comme si internet avait des frontières…)
Oui, il existe un internet imPUR qui souille la blanche innocence de l’internet mis en œuvre par l’industrie des loisirs numériques.
Cet internet imPUR est celui de la libre circulation des œuvres en toute légalité, celui du partage de la connaissance et de la culture.
L’internet des cultures libres n’a aucun avenir, et c’est bien triste.
Le bon internet, le bon pain bien chaud sorti du four, c’est celui de l’industrie des loisirs numériques relayé par les fournisseurs d’accès qui veulent, telle la grenouille être aussi gros que des bœufs en devenant éditeurs de contenus, là où ils n’auraient du rester que fournisseur d’infrastructures, maitres d’œuvres en aménagement des territoires numériques.
Mais on aime tout mélanger, tout proposer, capter le consommateur dans un piège virtuel savamment organisé autour de ses lacunes, son ignorance chronique de ce que l’on peut faire avec l’internet, de ce qu’est réellement l’internet.
Les markéteurs et financiers de tout poils ont un bel avenir avec cet internet exclusivement destiné à leur usage , ainsi PURifié lors de la sainte cérémonie de l’eG8, lavé de la souillure des faux rebelles, des gugusses dans leur garage, des cultures libres qui sournoisement empêchent l’hégémonie industrielle totale.
Enfin arriver à orienter les consommateurs dans les canaux de distribution , les empêcher de penser à autre chose qu’acheter quand ils naviguent sur internet.
Penser Internet = Penser Payant
Leur rêve deviendra bien vite réalité, relayé par les collectivités territoriales qui vont, tels les bras armés de l’industrie des loisirs numériques, passer la consigne , porter la bonne parole, l’évangélisation du minitel 2.0 est en marche.
Quelle honte!
Quelle honte de faire appel à nos élus, qui ont vraiment bien d’autres problèmes à appréhender tous les jours, et leur demander d’être les relais d’une entreprise politique irresponsable et nocive à l’endroit de la liberté, du libre arbitre, de nos concitoyens, parce que cette politique est bien et restera celle de l’appropriation sauvage par quelques industriels d’un système de communication dont la vocation est de n’appartenir à personne justement, d’être universel et au service de tous.
Ne nous trompons pas, sous les sigles Dadvsi, loppsi, Hadopi, CNN, PUR, et autres se cache la récupération et la sécurisation d’un marché PURement commercial.
Cela a commencé en 2006 avec la loi DADVSI et n’est pas près de s’arrêter, tant qu’un « dissident » bougera encore, qu’on osera pas penser comme eux, on frappera et re-frappera.
Il s’agit simplement d’un détournement de bien public universel au profit de quelques uns.
Je ne le répèterai jamais assez, le respect droit d’auteur n’a absolument rien à voir dans tout ça, c’est un prétexte, rien de plus.
Et cela est nocif à l’endroit des artistes et des créateurs avant tout, puis à l’endroit des publics.
Si l’on voulait vraiment porter les notions de respect du droit d’auteur, il faudrait, en plus de la gestion collective, expliquer:
- Le publishing
- Le copyright
- Les licences libres (LAL)
- Les licences ouvertes
Le tout sur un même pied d’égalité de traitement, et ce n’est visiblement pas du tout le cas, ces gens ne s’embarrassent pas du lourd fardeau de l’équité et du respect de tous.
Bien expliquer la gestion individuelle du droit d’auteur et la gestion collective, quels en sont les enjeux internationaux, l’OMPI, la convention de Berne.
Au lieu de cela on nous assène le E de sacEm, on nous assène qu’il faut « sauver » la création et que la seule manière de la faire est de « pacifier » internet, d’avoir soi-disant des usages « responsables ».
Tout en prônant des solutions complètement injustes à l’endroit des artistes comme les offres de streaming payant par abonnement mensuel.
Les artistes ne gagnent presque rien avec ces systèmes!!!!
La seule chose qu’il s’agit de sauver ici , ce sont bien les revenus de quelques industries.
Mais qu’est-ce que c’est que cette imposture ?
Combien de temps allons-nous rester spectateurs de cette mauvaise plaisanterie?
Votre internet ne sera jamais le mien!
Mon internet, il est libre et joyeux.
C’est l’internet de la communication sans entrave, de la démocratie, du partage de la connaissance et de la culture.
Mon internet, c’est celui de la tolérance, du libre arbitre, du respect de tous.
C’est un internet ou circulent sans entraves plus de 200 000 000 œuvres sous licences libres et ouvertes, en toute légalité.
Certes, de temps à autre, sur mon internet, on rencontre des malfaisants qui tentent les uns d’escroquer, les autres de voler ou que sais-je encore.
Mais c’est comme dans la rue, il y a aussi des policiers sur mon internet (des gendarmes d’ailleurs pour le coup).
Et ce serait bien de leur donner un peu plus de moyens, à ceux qui font un vrai travail de police…
Ces actions délictueuses ne peuvent en aucun cas justifier le fait de priver mon internet de liberté et de démocratie.
Parce qu’alors c’est renoncer à ce que nous sommes naturellement, c’est à dire des être humains libres qui communiquent et partagent nos connaissances, notre culture.
La politique de la terreur et de la répression à coûté sa tête à Robespierre, messieurs les « puissants de la régulation hypocrite et à dessein de l’internet » méditez bien sur cette phrase.
La neutralité de l’internet & l’internet civilisé
20/05/11
Dans la série, les éléments de langage qui « emboucanent » le cerveau des honnêtes citoyens,
Deux nouvelles impostures sémantiques pour le prix d’une:
« La neutralité de l’internet » & « l’internet civilisé« .
Ces termes sont des termes inappropriés et certainement pas neutres pour le coup !
Pour ceux qui défendent un internet du partage de la connaissance et de la culture tout comme pour les défenseurs de l’internet contrôlé et maitrisé au profils de quelques industries.
Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit.
Il s’agit du déplacement d’un champ de bataille, avec plusieurs camps qui s’affrontent, rien de « civilisé » et rien de « neutre ».
Une guerre qui oppose les défenseur d’une société humaine, démocratique ou simplement juste à ceux qui ne se réalisent que dans l’asservissement des peuples (sous diverses formes, dictature, économie mondialisé, peu importe) et ses outils de prédilections qui sont le contrôle et la terreur.
Alors nous aurions donc, actuellement la « bataille » de l’internet dit « civilisé » contre l’internet « neutre ».
L’internet n’est ni plus, ni moins « civilisé » que l’ensemble des sociétés connectées à celui-ci.
Affirmer aujourd’hui que l’internet n’est pas civilisé, c’est en même temps affirmer que l’humanité n’est pas civilisée.
Les personnes sensées être des gens de « pouvoir », « responsables », des dirigeants qui donnent une « direction », un « sens » à notre société, et donc, qui ont osé proposer cette formule « d’internet civilisé » sont définitivement des abrutis.

Ils expriment là, le fait que la société dont ils ont la charge et sont les premiers représentants, n’est pas civilisée.
c’est aussi un débat qu’il faudrait ouvrir quand au sens réel du mot « civilisation » et sa place dans notre temps, effectivement peut-être qu’ils auraient raison au final.
L’internet ne peut pas être « neutre ».
Etant le reflet dynamique , précis, permanent et brutal de notre société , en bon ou en mauvais, il ne peut pas être « spectateur » objectif de ces flux de communications, tous « orientés » par ceux qui en sont les auteurs et déformés par ceux qui en sont les diffuseurs.
La « neutralité » technique n’existe pas.
Ceux qui font l’infrastructure d’interconnexion, d’hébergement, de diffusion , sont tous des industries qui ont des intérêts à défendre.
Il ne peut y avoir de neutralité dans la guerre économique que se livrent les « bâtisseurs » de l’internet.
Ils sont tous réunis au fameux « eG8« , subventions contre régulation et contrôle, le beau chantage…
La « neutralité » idéologique ou philosophique n’existe pas.
Ceux qui œuvrent quotidiennement aux « contenus » sont aussi dans une volonté d’influence et de régulation , que ce soit le marketing, les journalistes, les politiques, les représentants des industries culturelles.
Tous influencent, triturent l’information ou la communication et ne sont pas neutres.
En face d’eux, ceux qui dénoncent ces dérives ne sont pas plus neutres.
En écrivant ces lignes, je ne suis pas « neutre ».
Non, définitivement il s’agit d’une guerre, sinon d’un affrontement philosophique, ou plutot « matérialiste », « pragmatique », de « réal politique » à armes bien inégales, il faut en convenir.
Et cette guerre c’est celle qui oppose les tenants d’un internet du partage de la connaissance et de la culture, d’un internet humaniste abolissant les frontières entre les peuples, face à un internet de certaines industries (ne mettons pas tout le monde dans le même panier), des cerveaux métalliques fascisants et destructeurs du pouvoir, de la régulation , de la consommation de masse, soutenu par des oligarchies politiques devenues des portes-paroles et acteurs zélés dans la réalisation de cette idéologie nocive à l’ensemble de l’humanité.
Les malfaisants seront dénoncés et, je l’espère, devront rendre des comptes un jour où l’autre.
Internet est bien « civilisé », autant que nous pouvons l’être à ce jour, et il n’est certainement pas « neutre ».
Il n’est que ce que nous en faisons tous ensemble, tous les jours, rien de plus, rien de moins , cessons de projeter nos fantasmes sur cette « identité » virtuelle, cet anthropomorphisme impalpable et tellement présent (pour certains, n’oublions pas la fracture numérique et n’oublions pas qu’il existe bien d’autres problèmes plus graves sur cette planète que le cybermonde et ses circonvolutions futiles, inutiles…).
C‘est en ce sens que sur le sujet des contrôles et filtrages ayant pour but unique d’orienter le consommateur abruti et servile, vers des contenus payants à vocation commerciale, au profit exclusif de quelques industries, j’aurais plutôt employé d’autres termes, moins forts mais plus adaptés.
Un internet « libre, éthique et humain » face à un internet « liberticide, industriel et commercial » cela me semble plus approprié en l’espèce.
Et hop, une petite vidéo qui a plus d’un an mais qui reste ma préférée en la matière:
L’offre légale de téléchargement…
16/03/11
Dans la série, Les « éléments de langage » qui « emboucanent » le cerveau de l’honnête citoyen:
« L’offre légale de téléchargement »
L’offre légale de téléchargement est une expression qui a vu le jour suite à la déroute (par négligence de l’internet et surtout des goûts des mélomanes) de l’industrie des loisirs numériques et par conséquence des des lois Dadvsi , Hadopi 1, 2 , 3 ,4 (parce que ça va durer autant que les impôts cette affaire.) venant financer, perfuser, subventionner les dites industries sous couvert de « régulation » et de lutte anti- »peu importe » du moment que ça fait peur.
Quand on entends « offre légale de téléchargement » il faut comprendre: Offre commerciale de téléchargement, voire offre limitée à l’écoute en ligne par abonnement mensuel (streaming) de produits culturels provenant de l’industrie de loisirs numériques, qui n’a plus rien à voir avec du téléchargement légal.
Mais voilà, il existe bien d’autres « offres légales de téléchargement » dont personne ne fait la promotion, du moins à la même hauteur que les produits culturels industriels, et qui sont le plus souvent gracieuses pour l’internaute.
En effet, nombres d’auteurs, compositeurs, labels musicaux on choisi d’utiliser un outil appelé « licence libre » ou « licence ouverte » qui permet aux public de partager et de télécharger la musique en toute quiétude et en toute légalité.
On peut en voir un exemple sur http://www.dogmazic.net , qui compte plus de 4000 artistes/groupes….
On appèle cela la « musique libre » (qui ne veut pas dire libre de droit) et par extension « les cultures libres » si l’on englobe la littérature, le cinéma et la photo.
Mais comme par hasard, on ne parle jamais de cette « offre légale » là.
Oui, on peut télécharger un contenu légal et gratuit sur internet, ce n’est pas un crime ni un délit!
Pour moi, « Légal » relève du droit, de la légalité, mais pour les promoteurs de « l’offre légale », le mot « Légal » veut bien dire « commercial » et en aucun cas ne se réfère à la stricte légalité des œuvres mises à disposition.
En illustration la reprise d’un petit florilège youtubien sur la question, hadopi, souvenons-nous, remember….
Et bien entendu le lien de référence concernant la fameuse labellisation des « offres ».
Qui renvoie vers le décret d’application dont le contenu est fort instructif:
Et en supplément quelques citations tirées du rapport de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication du Sénat.
Bien entendu, aucun représentant de près ou de loin des cultures libres était « invité », un petit point sur l’offre légale « entre soi »….
Avec son cortège « d’énormités » en matière de désinformation ou plutôt de façon de se rassurer…
Le label de l’offre légale sera disponible dans quelques semaines pour
tous les sites qui le désireront. Cela rassurera et renforcera l’attractivité
commerciale de ces sites.
Ils avaient donc tort ceux qui s’opposaient au téléchargement légal
payant et qui voulaient que les œuvres de l’esprit soient gratuites. Ils avaient
tort ceux qui affirmaient que le téléchargement gratuit ne menaçait pas la
création. Les pays qui n’ont pas anticipé ce mouvement n’ont plus de création.
Les enquêtes ont montré que 70 % d’entre eux savaient que le téléchargement
gratuit était illicite.
les consommateurs manifestent une appétence pour l’offre légale, et se disent
satisfaits à 90 % de cette offre
Ce que ces gens là n’ont pas compris, c’est qu’avec le soutien exclusif au développement des offres d’écoutes payantes, des aides à l’agrégation multi-culturelles (musique, tv, cinema) proposée par des FAI (qui devraient plutôt s’occuper de maintenir leurs réseaux…), c’est la diversité culturelle qu’on assassine, c’est la voie royale vers la fin de la rémunération des créateurs.
Aussi paradoxal que cela puisse paraître (parce que l’enfer est pavé de bonnes intentions), en favorisant l’industrie ils transforment la musique en « faire valoir » gratuit pour annonceurs ou autres fabricants d’électroménager ou de tapis…
Je défends les cultures libres parce qu’elles constituent de mon point de vue la seule voie raisonnable permettant à terme de sauver la création.
Ce n’est pas tant la gratuité de mise à disposition qui est importante mais bien la diversité et la libre circulation des œuvres.
L’internet doit rester un media, un moyen de diffusion libre pour tous.
Le « public » est bien autre chose qu’une masse de « consommateurs » écervelés et abrutis par la réclame.
A ce titre les mélomanes ont le droit d’avoir à leur disposition une autre culture que la culture industrielle « obligatoire ».
L’internet ouvre naturellement et structurellement la voie à un autre rapport public/œuvre/créateur au travers du mécénat individuel, au travers de publics « actifs » qui soutiennent tel ou tel artistes parce qu’il l’ont décidé.
Ce modèle reste le seul avenir réel à la culture (à long terme), une fois que toutes les tentatives de résurrection de l’ancien modèle économique auront échouées.
